27 août 2014

Newsletter #7 - Puno à La Paz

Clic pour album
Bien reposés, nous sommes partis de Puno en direction de la Bolivie. La route longe plus ou moins le fameux lac Titicaca et nous voyons se profiler à l’horizon les pics enneigés de la Cordillera Real bolivienne, sur la rive nord-est du lac. Denise se sent mieux en altitude et ça pédale allègrement jusqu’à Juli ou une bonne montée nous met à l’épreuve. Est-ce l’effet des feuilles de coca que nous utilisons comme les gens d’ici ou si finalement l’acclimatation s’est faite? Ce qui compte, c’est que les forces sont revenues et le plaisir de pédaler est à son meilleur! Surtout que les paysages deviennent de plus en plus impressionnants.
Peu après Juli, nous rencontrons un Argentin à vélo qui nous raconte ses misères en Bolivie: routes en construction un peu partout, conducteurs dangereux…Bon! Il faut en prendre et en laisser, nous nous ferons notre propre idée.

Clic pour album
Ce soir-là, nous décidons de camper au bord du lac. Charles s’approche d’une barque en train d’accoster et demande la permission de camper. La dame nous dit qu’on peut s’installer n’importe où sans problème puisqu’elle est la propriétaire. Nous choisissons donc un petit coin à l’abri du vent derrière un muret de pierres. Une fois installés, une autre dame passe avec ses lamas et nous dit que nous sommes sur son terrain à elle…oups! mais finalement, pas de problème, elle nous donne son accord. Plus tard, alors que nous sommes installés pour dormir, un groupe vient nous voir et cette fois, c’est pour s’assurer que nous n’aurons pas trop froid dans notre tente et pour nous souhaiter bonne nuit. Nous comprenons que tout ce beau monde est plus ou moins apparenté et chacun a sa parcelle de terrain. Au matin, c’est le mari ou le frère, qui vient nous jaser avant d’aller reconduire ses lamas au pâturage! Sympathiques!

Clic pour album
Le lendemain, nous arrivons finalement à Yunguyo où nous traversons la frontière en Bolivie. Tout se passe sans encombre et nous voilà en terre bolivienne, en route pour la petite ville de Copacabana, sur une presqu’île du lac Titicaca où nous comptons rester au moins une journée pour visiter l’Isla del Sol. C’est un des endroits les plus significatifs de la culture Inca, puisque ce serait de là que Manco Capac et Mama Occlo seraient sortis des eaux du lac avant d’aller fonder Cusco, le centre de l’empire Inca.

Contrairement à ce qu’on nous avait laisser entendre, la ville est très calme, et nous trouvons un petit hôtel tranquille (enfin!). Le lendemain, nous partons en bateau pour l’Isla del Sol, où un guide nous mène, presqu’au pas de course, sur un beau sentier de randonnée à travers l’île pour visiter les différents lieux historiques. Nous parvenons tout de même à bien profiter des magnifiques panoramas de cette île qui a des petits airs méditerranéens. 


Clic pour album

Après Copacabana, la route monte sans cesse jusqu’à un point culminant de 4 270 mètres. Nous en prenons plein la vue, les paysages sont grandioses! Puis nous redescendons de nouveau au niveau du lac à Tiquina où nous devons prendre un traversier. Pas très rassurant, ce vieux rafiot fait de planches qui craque de partout! Mais nous n’avons pas le choix, il faut traverser. En plus de nos 2 vélos chargés, on fait monter un gros autobus et une petite auto qu’on enfile presque en dessous de l’autobus. La traversée dure environ 15 minutes. Mais voilà que ça tangue et que ça brasse et nous voyons l’autobus pencher d’un côté à l’autre. Les passagers de la petite auto tente de retenir le bus pour ne pas qu’il écrase leur voiture, mais Denise elle, surveille son vélo qui risquerait d’être écrabouillé si ça chavirait. Charles lui, en profite pour filmer la scène. Parvenus sains et saufs sur l’autre rive, nous sommes bien contents de reprendre les bécanes pour grimper de nouveau à plus ou moins 4 000 mètres.

Nous nous arrêtons finalement près d’un petit village où nous demandons la permission de camper encore une fois au bord du lac Titicaca. La dame nous indique que nous pouvons nous installer près des barques amarrées plus bas. Nous nous installons, tout heureux, car le site est vraiment parfait. Cependant, vers 18h30, un vent incroyable se lève faisant claquer la tente et nous faisant craindre le pire pour la nuit. Nous nous couchons tout de même, un peu inquiets, mais vers 21h30, aussi soudainement qu’il a commencé, le vent s’arrête et nous voilà partis pour une des nuits les plus calmes du voyage à date! 
Nous nous levons au petit matin, en même temps que les pêcheurs reviennent de leur expédition nocturne sur le lac. En effet, nous les avions entendu partir vers 3hres du matin. Ils nous montrent leurs prises et nous expliquent qu’ils s’en vont maintenant vendre leur pêche à La Paz.

À mesure que nous approchons de La Paz, le paysage devient quelque peu monotone, surtout que nous venons de quitter définitivement les abords du lac Titicaca. Puis, ça s’urbanise carrément et au terme d’une vingtaine de kilomètres de ville, nous arrivons à El Alto, la banlieue haute de La Paz où nous avons choisi de nous installer, histoire de s’éviter une pénible remontée. Je vous explique: La Paz est construite dans une immense cuvette et son centre est à environ 3 600 mètres. El Alto, sa banlieue, est construite tout autour du rebord de la cuvette à 4 000 mètres. Depuis mai dernier, un magnifique téléphérique relie les deux villes. Nous profiterons donc de ce moyen pour aller visiter La Paz. 

Clic pour album

L’arrivée à El Alto a été quelque peu stressante. Passer d’une campagne bucolique à une ville frénétique, ça vous use un peu les nerfs, surtout quand toutes les rues sont envahies de voitures bloquées dans une circulation démentielle et que la foule des piétons s’y faufilent tant bien que mal, et tout ça à travers des dizaines d’étals en tout genre pêle-mêle sur les trottoirs ou carrément dans la rue! Nous réussissons à peine à avancer à travers tout ce beau monde. Nous parvenons finalement à trouver un hôtel acceptable, du moins à première vue et nous décidons de rester ici 3 nuits.
Mais notre séjour ici sera tout sauf reposant! Notre hôtel a une discothèque au 2e étage…et nous sommes au 3e! À partir de 19 hres, en avant la musique et c’est ainsi jusqu’à 5 hres du matin. La basse dans le plancher, les gens qui crient, l’animateur qui semble déchaîné, on ne manque rien du spectacle. Nous tentons de changer de chambre mais ça n’ira qu’au lendemain avant qu’on puisse monter d’un étage. Cela ne sera pas suffisant pour nous garantir la tranquillité mais avec des bouchons dans les oreilles et la fatigue accumulée, nous parvenons à nous endormir pour la 2e nuit. 
Par contre, nous passons une agréable journée à La Paz où nous nous rendons via le téléphérique qui nous fait carrément plonger au coeur de la ville avec une vue absolument spectaculaire tout autour. Nous apercevons le pic du mont Illimani qui domine la ville, à 6 402 mètres. Magnifique! 


Clic pour album

Nous prenons plaisir à nous perdre dans les ruelles du coeur de la ville, flânant dans les différents marchés très colorés. Il y a même un marché des sorcières, où on peut vous dire votre avenir, et où acheter toutes sortes de potions ou de talismans, en autres, des foetus de lamas supposés vous garantir bonne fortune si vous les enfouissez sous les fondations de votre maison lors de sa construction. La Paz nous apparait bien sympathique et moins frénétique que sa banlieue. 

Clic pour album
Nous visitons aussi un musée plutôt inusité, consacré à la feuille de coca et à ses usages à travers l’histoire. Nous apprenons entre autres que la feuille de coca est utilisée depuis l’époque pré-colombienne pour ses vertus énergisantes. Les Amérindiens s’en servaient depuis toujours pour mieux tolérer le travail en altitude. Quand les Espagnols sont arrivés, ils ont diabolisé cette herbe aux vertus étranges jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’elle améliorait le rendement des esclaves amérindiens dans leurs mines. Aujourd’hui encore, les gens d’ici utilisent les feuilles de coca régulièrement de toutes sortes de façons: macérées dans la bouche, en tisane ou en bonbons. Cela ne les rend pas plus forts mais leur permet de tolérer l’effort plus longtemps.


Comme plusieurs cyclistes nous ont dit l’avoir essayé avec succès, nous avons tenté l’expérience. Nous prenons donc quelques feuilles que nous plaçons dans la joue et laissons macérer. Le goût n’est pas terrible au début mais on s’habitue et ma foi, ça semble nous aider à mieux tolérer l’effort pendant les longues montées. Ne vous inquiétez pas, il n’est absolument pas question de drogue et nous ne développerons pas de dépendance, promis! 

Demain, nous reprenons la route vers le sud, prêts pour une grande aventure à travers l’une des régions les plus isolées de la Bolivie, le fameux Altiplano. Nous serons probablement coupés de tout, peu ou pas de possibilités d’internet. Nous aurons plusieurs défis à relever, que ce soit pour le ravitaillement en nourriture et en eau, en plus de faire face à des températures sous zéro la nuit.
À suivre…


12 commentaires:

  1. Allo vous deux, comme je ne sais pas si mon premier message a passé alors j'en envoie un autre. Je n,ai pas toujours le temps de tout lire mais vos photos rendent bien ce que vous voyez, bonne continuation de voyage et encore wow! Grosses bises.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour les compliments Marielle! C'est toujours encourageant!

      Supprimer
  2. 4 Bisons dans les Andes28 août 2014 à 16:28

    Voici quelques réponses à vos questions:
    Pour le froid, nous n'avons pas eu plus froid sur le salar que sur l'Altiplano péruvien.(Peut-être avons nous eu de la chance?)
    La route pour traverser coipasa est assez marquée, mais on ne peut pas se tromper il suffit de viser la montagne aux 2 pointes pour arriver vers Tauca. Ou alors à droite de ces 2 pointes pour Tres Cruzes.
    Pour Sajama-Sabaya il faut prndre la piste aui part a l'entrée de Tambo Quemado et rester sur la piste principale. Elle traversera la rivière après Macaya.
    Voici mon adresse julienbison@yahoo.fr, envoyez moi votre adresse pour que je puisse vous envoyer des photos de nos cartes si besoin. Bonne route.
    PS: je vais donner le lien de votre blog à mes parents....pour inspiration|
    www.4bisonsdanslesandes.blogspot.fr

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour l'info Julien. Je vous répond par email bientôt!

      Supprimer
  3. Waouu encore de bons moments. Ça serait sympa de dénoncer cet hôtel/disco qu'on y aille pas. Par contre on est content de savoir qu'il y a un téléphérique pour descendre à LaPaz. Super! on le prendra aussi du coup.
    Bonne route en Bolivie. Nous nous sommes à Cusco!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je dénonce dans quelques minutes sur Trip Advisor!
      Merci et nous vous souhaitons bonne visite de Cusco et du Machu Picchu!

      Supprimer
    2. oui , enfin je voulais dire ici sur votre blog, qu'on sache nous lequel c'était...
      Pas de Machu Picchu pour nous... snifff! A lire dans notre prochain article.
      On est à Sicuani et il pleut...

      Supprimer
    3. C'était le Hotel Alexander de El Alto....Horrible!

      Supprimer
  4. Wow...what an amazing journey. And it keeps getting better. Keep safe. Keep posting updates as I am enjoying seeing such a different world through your eyes. Missing u lots. Yours truly, a catelli friend :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Thanks for the compliments! We are in Sajama Bolivia! An amazing national park. A valley surrounded by 3 volcanos! Which Catelli friend is writing?
      In a few days we are heading in Bolivia back country for 10 days heading to the salad of Coipasa and Uyuni!

      Supprimer
  5. What a great travel commentary you post. . .we enjoy reading all about your adventures!
    We are driving to Colorado to visit, but we are taking our bikes on the car carrier so we can do some riding along the way.
    Kathy and Dick

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Thanks Kathy!
      Enjoy the rides in Colorado. A great biking state! We are now in Uyuni for a few days to take a good rest! New post soon!

      Supprimer